Mardi 17 novembre 2009

Peu de choses à dire sur ce qui se passe en ce moment au congrès des Maires de France et qui a démarré hier avec les Conseillers généraux de France. Tous venus en grand nombre pour dire qu’ils ne sont pas des « sous-élus » et que leur gestion territoriale, légalement équilibrée et riche d’investissements qui structurent leur territoire et dynamisent l’économie et l’emploi, n’avait rien à envier au désastre financier d’un Gouvernement impécunieux et qui pratique l’incantation reprise/bouclier fiscal comme seul dogme, ce qui nous donne une dette (prévisionnelle) de 141 milliards d’Euros, toujours plus de chômeurs et de précaires et une activité au ralentis.

Au passage, il faut noter que des hurluberlus tels que le Président de BNP-Paribas, Christine Lagarde ou François FILLON, sont bien imprudents de parler de sortie de crise. Car l’honnêteté commanderait de dire que la seule vraie sortie de crise sera pour l’instant (rêvé) où – au moins – le million de chômeurs supplémentaires de l’année 2009 aura retrouvé une activité rémunérée !

En tout état de cause, appelons ce succès des rassemblements des conseillers généraux et des Maires par son nom : une bonne surprise d’un sursaut républicain inespéré. Où des élus de tous bords, de toute sensibilité, protestent de n’avoir plus les moyens de mettre en œuvre des politiques pour lesquelles ils ont été élus, au seul motif que l’Etat veut leur faire les poches pour combler des déficits qu’il creuse lui-même via ses budgets calamiteux et mortifères pour le modèle républicain français.

J’ai déjà dit que nous en reparlerons lorsque le Parlement aura tranché sur ces projets de lois de suppression de la TP et de réforme territoriale (sans parler du Grand Paris, du STIF, du plan de mobilisation transports, du plan de relance et des contrats de projets Etat – régions sur lequel le Gouvernement tousse beaucoup). Sans parler non plus des chantiers du Grenelle 2 dont on ne pipe plus mot, à la veille d’un Copenhague qu’on peut estimer mort-né ou – à tout le moins – mal barré.

Bref donc, consacrons nous à la récente actualité : nos Députés et Sénateurs socialistes déposent aujourd’hui une proposition de loi pour « réguler la concentration dans le secteur des médias ». Un texte qui vise à interdire toute entreprise qui vit des commandes de l’Etat de « détenir de manière directe ou indirecte un service de radio ou de télévision, ou un titre (de presse) d’information politique et générale ».

Gageons que ce texte ne sera pas adopté, même sévèrement amendé par la majorité parlementaire.

Pourtant, il est au cœur des problèmes que nous rencontrons avec les médias aujourd’hui.

En effet, pourquoi voulez vous que le Figaro, propriété de Dassault, critique un Gouvernement et un Président qui viennent de lui commander la bagatelle de 286 Rafales ? Comment voulez-vous que Bouygues se paye la Droite via TF1 (et aussi LCI, TMC…) alors que ses parts dans Alsthom et ses sociétés de constructions lui assurent des commandes considérables de TGV et de chantiers ?  Idem pour Lagardère, véritable empire média (Le Parisien, le JDD et Paris Match entre autres), qui est partie prenante d’EADS qui fabrique l’Airbus et (au passage) est mis en examen pour délit d’initié.

Les turpitudes de nos élus socialistes sont réelles. Les médias (de Droite) n’ont rien inventé. Mais les commentaires médiatiques s’accompagnent souvent d’une campagne plus sournoise sur « un PS qui n’en finit plus de mourir », un « vieux parti de gens qui se querellent tout le temps », qui n’aurait « plus de projet » (…) ; toutes propositions que nos électeurs ont parfaitement intériorisé et qu’ils resservent eux mêmes autour d’eux, de leur salon aux comptoirs de leur quartier.

Pourtant, nos élus, dans les territoires et à l’assemblée, investissent pour nos villes, nos départements et nos régions, défendent nos droits et nos libertés ainsi que les valeurs fondamentales de notre république, laïcité en tête.

Un parallèle entre la fronde territoriale républicaine et cette proposition de loi ? Une Gauche décrédibilisée dont le message ne passe plus et qui ne saurait représenter une alternative crédible, à elle-même s’agissant des prochaines régionales et à Sarkozy en 2012.

Certes, le spectacle que nous donnons de nous même laisse parfois songeur voire désespéré. Ce blog en témoigne régulièrement.

Néanmoins, nous sommes victime d’une mise en coupe réglée dont les tenants commencent sérieusement à être inquiétants.

Sans doute faut-il « réinventer la Gauche ». J’ai toujours entendu ça. Soit. Mais à un moment, il faut aussi décréter l’Union sacrée face à la dérive réellement despotique de l’actuel pouvoir dont l’unique objectif semble d’y rester et de reprendre la main sur les territoires.

Encore un dernier exemple ? Dans la réforme territoriale qui est « proposée », une mesure qui fait moins de bruit que les autres : un scrutin à un tour ! Or tout le monde sait que la Droite a un problème avec le deuxième tour, notamment aux régionales. Quoi de plus simple dans ce contexte que de supprimer le « mauvais tour » ?

Je trouve ça grave, personnellement, qu’après avoir découpé la France nationale en circonscriptions qui obligent la gauche à faire 52 % pour gagner, on réorganise la France des régions pour que le premier tour rende à la Droite ce qu’elle n’a jamais accepté d’avoir perdu.

Si ça c’est pas du despotisme…
Par Etienne MERCIER le blog
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Jeudi 12 novembre 2009

Ca fait longtemps que je ne suis pas venu dire quelque chose sur mon blog. Entre paresse, trop plein d’actualités, surcharge de travail et hospitalisation…. Bref, rien de m’incitait franchement à rédiger un point de vue personnel.

Encore que…

La dernière affaire sur la date de la présence de Sarkozy à Berlin en novembre 1989, totalement anecdotique à l’œil nu, relève plus des délires sur twitter et autre facebook, que d’un article de fond. A première vue évidemment. Parce que cette histoire suit celle sur Mitterrand et celle sur le fiston présidentiel (…). Que d’histoires qui nous révèlent la nature profonde de l’actuel pouvoir : mensonges, démagogie, impostures, népotisme et manipulations.

L’affaire la plus ridicule étant celle sur le « Prince Jean ». Car après tout, si cela a pu paraître (et est à certains égards) choquant, il faut rappeler que le Président de l’EPAD n’est rien, qu’il n’est pas payé et que le chef de la majorité UMP des Hauts de Seine est fondé à occuper le siège. Seule l’éthique et un sens des responsabilités commandaient qu’il n’en soit pas ainsi.

L’affaire du mur berlinois révèle aussi – et avant tout – que le Président prend les Français pour des cons. Passe qu’il soit vantard et menteur. Ne feignons pas de le découvrir. Le problème est qu’il a voulu nous faire croire qu’il était intuitif et avait donc deviné le grand bouleversement de la chute du mur avant les autres (avant Mitterrand et Kohl par exemple). Le jour ou notre Président aura cette « modestie » de dire qu’il est un Français comme les autres, qui s’est rendu, un peu après – comme les autres – à Berlin, il aura gagné cette première bataille sur lui-même. Celle que tous les enfants on connue en grandissant : Je ne volerai jamais comme Superman, n’entendrai pas à des kms comme Steeve Austin et ne serai jamais aussi fort que Hulk : même très en colère…

En revanche, je pourrai continuer de trépigner, mentir, faire des caprices, faire des incantations (…), comme… le Petit Nicolas !

Enfin, car le fond reste toujours aussi dramatique à mi-mandat, même pour moi qui n’ai jamais cru une seconde qu’il respecterait ses promesses, nous sommes, à la veille des élections régionales de mars prochain, au fond du trou.

La réforme territoriale, la suppression de la TP, le transfert du patrimoine du STIF à la RATP, le projet de Christian Blanc du Grand Paris (…), me font penser que je ne souhaiterai pas à Valerie Pécresse de l’emporter, tant le Gouvernement et le Président de la République ont dénaturé la décentralisation dans ce qu’elle avait d’intéressant et d’utile ; supprimé les ressources et privé la seule instance représentative du territoire (le STIF regroupe Région et départements) de la capacité d’investir en lui sucrant ses garanties.

Evidemment, je posterai quelque chose là-dessus rapidement (c’est promis), dès que le Parlement aura confirmé cette boucherie, à quelques amendements près.

Un « souci » cependant concernant un malaise que j’ai ressentis sur cette actualité de rentrée riche et variée : ce qui s’est passé avec Benoît Hamon que d’aucun ont fini par traiter d’homophobe.

Il en est dans « notre camp ».

Oui. Il en est dans notre camp pour s’indigner qu’on s’indigne du tourisme sexuel ;

Il en est dans notre camp pour croire que la prostitution masculine, en Thaïlande, concerne les « garçons » de 40 ans ;

Il en est dans notre camp qui font des amalgames anti-amalgames Le Pen-Hamon / pédophilie-homosexualité ; œuvre artistique-impunité (… ?).

Moi, ce que je reproche à Benoît, après coup, c’est d’avoir été trop light – presque langue de bois, mesurant que – même ayant raison – Marine Le Pen a tort. Et j’encourage la lecture de la tribune de Michel Onfray dans le libération du 19 octobre intitulée « Je choisis la pureté ».

Ce même Michel Onfray qui révélait, lors de la présidentielle de 2007, que Nicolas Sarkozy considérait la pédophilie comme génétique (entendez par là que l’anormalité n’était pas qu’hormonale et psychiatrique). Cette génétique qui, selon que vous soyez puissants ou faibles, vous conduit à un Ministère prestigieux au rayonnement international, ou en prison à vie (peine de sûreté).

On pense que tout ça est sans doute derrière nous maintenant. Personnellement j’en ai encore la nausée. Et je confirme ce que j’ai déjà écris ici : Il sera tout fait pour que la nouvelle génération en bave et accède – éventuellement - criblée de balles, aux responsabilités. Je comprends aussi que cette nouvelle génération ne devra jamais dépasser le cadre de la langue de bois et de la bien séance passe-plats entre membres de la bonne Société. Je fais également le pari que les Français sont écoeurés par ces histoires. Gauche et Droite confondues.

 

En fin de comptes, tout ça m’a fait penser que je réclamerai volontiers un débat sur l’identité socialiste.

Par Etienne MERCIER le blog
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Jeudi 16 juillet 2009

Le pitoyable échange entre une AUBRY exaspérée par les gesticulations d’un VALLS égal à lui-même me fait penser que le doigt est effectivement mis et maintenu enfoncé sur le bouton de la machine à perdre.

VALLS a des états d’âmes. AUBRY ne veut voir qu’une tête. Et nous, pauvres socialistes, on assiste à cette passe d’armes qui n’a aucune espèce d’intérêt. Ni sur le fond, ni sur la forme.

La motion de censure présentée la semaine dernière par Laurent FABIUS au nom du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, ça c’est intéressant ! Ca c’est politique ! Elle fait pourtant moins de bruits que notre théâtre des guignols alors même que nous avons vécu un grand moment d’opposition – et de propositions. Mais rien. Pschiiiit aurait dit le Président Chirac.

Mais moi je suis têtu. Alors je vous la ressers. Car d’ici la rentrée, les choses seront d’autant aggravées, qu’il s’agisse du travail le dimanche, d’Hadopi 2 ou encore de la farouche obstination du Gouvernement de maintenir paquet et bouclier fiscal dans la prochaine loi de finance, pendant que le chômage bat des records et que le sinistre Lefevre cherche par tout moyen à incruster dans le calendrier législatif la « possibilité » de travailler de chez soi pendant les arrêts maladie (…).

 

« Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Mes chers collègues,

La motion de censure que je défends au nom du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC) n’a pas pour objectif, je lève ce suspense, de renverser le Gouvernement - vous êtes rassurés - mais d’aborder les sujets de fond que vous ne nous avez pas permis d’aborder, en présence du président de la République, à Versailles.

Sachant, ce qui devrait faire réfléchir, qu’un grand quotidien économique, interrogeant ce matin les français pour savoir s’ils étaient oui ou non favorables à cette motion de censure, répondait : une majorité est favorable à la motion de censure des socialistes.

Monsieur le Premier Ministre, Vous monterez à la tribune au moment où vous le souhaiterez, vous nous expliquerez toute une série de choses. Mais, suivant avec attention vos propos, je sais déjà que vous aurez probablement recours à un argument : celui de dire « C’est difficile, mais le coupable c’est la crise internationale ». C’est vrai que la crise internationale a une responsabilité fort importante. Mais je voudrais tout de suite, pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité entre nous, vous renvoyer à vous-même. Au mois de septembre 2007, alors qu’il n’y avait aucune crise à l’horizon, vous exprimant à Calvi, vous disiez : « La France est en faillite ». Si ce n’était pas la crise, il faut bien qu’il y ait des responsables : vous étiez déjà au Gouvernement, et la droite avec vous depuis plus de 5 ans.

Je veux me situer sur le fond et partir évidemment de ce qui se produit en ce moment, c’est-à-dire à la fois une révolution dans le monde, et une crise. La révolution dans le monde, pas besoin d’être long, tout le monde l’a à l’esprit : c’est la mondialisation, la révolution écologique, la révolution démocratique, le vieillissement. Tout cela, c’est vrai, modifie l’ordre des facteurs. A quoi s’ajoute la crise internationale, qui n’est pas un accident comme le disent certains, mais un enchaînement précis. Des exigences financières de rentabilité du capitalisme, sans commune mesure avec les possibilités de croissance de l’économie, conduisent à une baisse de la rémunération du travail par rapport au capital et à une augmentation des emprunts et de l’endettement. Un jour le château de cartes s’effondre, c’est ce qui s’est passé en 2008 et en 2009.

Par rapport à cela, permettez moi de vous le dire, beaucoup d’entre nous -et c’était aussi un commentaire de la presse- ont trouvé les propositions de Monsieur le Président de la République un peu courtes. A vrai dire, il y en a eu trois qui ont été retenues par les observateurs.

Première proposition : le grand emprunt. Il faut avoir les idées claires.

Ou bien ce grand emprunt a une finalité économique, et dans ce cas Monsieur le Premier Ministre, il faut que cet emprunt soit banalisé. Car aujourd’hui, malgré son endettement massif, la France emprunte à un taux qui n’est pas excessif. Vous confirmerez-nous que c’est bien un emprunt banal ? Mais s’il est banal, pourquoi une telle communication autour ? Et si cet emprunt est banal, et vise à couvrir des dépenses supplémentaires, alors est-ce que cela veut dire que vous admettez que votre plan de relance était insuffisant ? Mais alors aussi, n’amputez pas les ressources des collectivités locales, responsables de 75 % des investissements civils ! Et dites comment vous financerez.

Ou bien ce grand emprunt est essentiellement à vocation publicitaire. Alors cela coûtera beaucoup plus cher. Cela portera le nom du Président de la République. Et ce sera proposé quelques jours avant les élections régionales.

Je crains fort que dans le choix qui s’opère, ce soit vers le deuxième terme que votre inclination vous porte. Nous vous entendrons avec intérêt sur ce point. Cette première piste, en tout cas, n’est pas à la hauteur du défi.

La deuxième mesure, c’est l’annonce que l’âge de la retraite va être reculé. M. Hortefeux a même envisagé : « La retraite à 67 ans ». Si c’est cela votre réponse à la crise, vous passez complètement à coté de la question. Porter l’âge de la retraite à 67 ans alors même qu’en France, la plupart des salariés sortent de l’entreprise à 52, 54, 58 ans, cela veut dire diminuer les retraites. Cela, nous ne l’accepterons pas. Il y a d’autres paramètres sur lesquels il faut jouer - pénibilité, espérance de vie, etc.

L’annonce de la généralisation du travail le dimanche. Là non plus, ce n’est pas une solution. Puis il y a eu tous ces discours généreux, l’un d’entre eux tenu devant l’organisation internationale du travail (OIT). Lorsque le Président s’exprime à l’étranger sur les questions sociales, il parle impeccablement à gauche. Mais lorsqu’il agit sur le sol national, il agit toujours à droite. Cela, nous ne l’acceptons pas non plus.

Il y eut enfin une troisième proposition dans la déclaration de Monsieur le Président de la République, qui est passée inaperçue mais qui est très importante. Elle concerne le scrutin territorial. On nous a dit : il va y a voir une réforme territoriale -vous allez peut-être la préciser. Nous ne sommes pas ennemis d’une réforme. Mais il s’agit de manipuler le scrutin territorial pour faire en sorte que des Départements et des Régions de gauche soient gérés par la droite, alors cela non plus, nous ne l’accepterons pas.

Il ne s’agit pas d’un procès d’intention. Lorsque j’examine le découpage électoral législatif que vous proposez, et j’aimerais vous entendre sur ce point, les spécialistes nous indiquent qu’il y a un véritable déni de démocratie. Dans ce découpage, il suffirait à ce coté de l’hémicycle (la droite) d’obtenir 49% des voix pour avoir pour 51% des sièges !

La réalité qui accompagne votre gouvernement est simple : le chômage : 2000 chômeurs de plus par jour. 700 000 à 800 000 de plus à la fin de l’année. Le commerce extérieur, clé de la compétitivité : en 2006 -pas question de crise- 20 milliards de déficit. 2007, pas question de crise : 40 milliards de déficit. 2008, pas question de crise : 55 milliards de déficit. Voilà la réalité de votre politique.

A quoi j’ajoute l’endettement. Monsieur Séguin, qui n’est pas suspect de partialité, disait qu’avec tout l’endettement que vous avez accumulé, la France devra rembourser cette année plus que le produit de l’impôt sur le revenu. Monsieur Sarkozy s’est fait élire comme le Président du pouvoir d’achat ; aux yeux des Français, c’est aujourd’hui Monsieur chômage et Monsieur déficits.

Monsieur le Premier Ministre, mes chers collègues, on nous demande des propositions, en voilà quelques-unes.

A court terme, nous vous demandons de suspendre le bouclier fiscal dont Monsieur Goulard, avec honnêteté, a précisé hier que pour les 100 premiers bénéficiaires, à la tête d’un patrimoine de plus de 15 millions d’Euros, cela représente un chèque annuel du Trésor Public à leur égard de plus d’un million d’Euros. C’était inacceptable en période habituelle, cela devient scandaleux en période de crise

Deuxième mesure : nous vous proposons de suspendre les dizaines de milliers de suppressions d’emploi public auxquelles vous vous apprêtez à procéder. Vous dites : « Mon idéal, le cœur de mon action, c’est l’emploi, c’est l’avenir », alors que dans l’Education Nationale, clé de l’avenir, vous allez supprimer plus de plus de 10 000 postes à nouveau.

Enfin nous vous demandons en urgence d’allonger l’indemnisation, pas seulement pour les CDI qui ont fait l’objet d’une mesure bienvenue, mais aussi pour les travailleurs précaires, pour les CDD. Il y a là des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui n’auront rien si l’on ne change pas la donne.

Bien sûr il faut une vision plus générale. Qui passe d’abord, Monsieur le Premier Ministre, par une croissance solidaire. Qu’entends-je par là ? Nous avons voté avec vous le Grenelle de l’Environnement. Nous attendons son application.

Nous savons tous, dans nos circonscriptions, qu’il y a besoin de transports publics, nous les proposons. Mais les crédits n’arrivent pas. Nous proposons d’améliorer le logement, y compris les logements existants. Mais les crédits n’arrivent pas. Nous proposons d’encourager l’innovation et la recherche. Mais les crédits sont insuffisants.

Nous proposons que les recettes soient au rendez-vous. C’est pourquoi nous vous demandons de revenir sur un certain nombre de mesures iniques que vous avez prises : par exemple, toute une série de niches fiscales et sociales qui ne se justifient pas. Les stock-options : aujourd’hui, il faut les réserver aux entreprises nouvelles. Nous proposons, comme le demande l’ensemble des organisations syndicales, que les exonérations de cotisations sociales pour les entreprises, en particulier les PME, soient subordonnées à la conclusion d’accords salariaux. Enfin, d’une façon plus générale, nous proposons de rerevenir sur l’injustice fiscale.

Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons aussi de respecter pleinement la démocratie. Car il y a un lien entre tout cela : l’égoprésidence. Respecter la démocratie, cela veut dire respecter la démocratie parlementaire. Nous proposons de respecter la démocratie référendaire : Monsieur le Premier Ministre, nous voudrions savoir quand va sortir le texte qui permettra à la population, appuyée par les députés, d’initier un référendum d’initiative populaire ? Nous vous prévenons d’ores et déjà, le premier référendum, si vous rendez cette initiative possible, aura pour objet de contrer la privatisation de La Poste qui est une iniquité et un danger. Respect de la démocratie en ce qui concerne les medias. Nous proposons l’égalité médiatique entre la majorité et l’opposition. Respect de la démocratie en matière judiciaire : nous proposons que le Président de la République se mette enfin à suivre les avis du Conseil Supérieur de la Magistrature. Respect de la démocratie sociale, en consultant, alors que vous ne l’avez pas fait concernant le travail le dimanche, les organisations syndicales. En faisant en sorte, par exemple, comme nous le proposons, que dans les comités de rémunération figurent désormais des représentants des salariés.

Nous proposons en même temps une vision nouvelle de l’Europe. Les élections européennes ont été favorables pour vous et pour les écologistes. Elles ont été défavorables pour le Parti socialiste. Elles ont surtout été favorables à l’abstention. Cela veut dire que nos concitoyens souhaitent une Europe différente, une Europe plus démocratique, plus écologique, plus sociale. Nous vous proposons d’agir pour qu’une Directive européenne empêche qu’on privatise le service public, pour qu’il y ait davantage de coopérations renforcées en matière de recherche ou encore d’énergie. En matière de défense, j’ai encore le souvenir, m’exprimant à cette tribune à propos de la réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN, qu’on nous avait dit : « Il va y avoir plus de défense européenne ». Nous n’en voyons pas le début du début.

Nous proposons aussi un véritable « Europlan » de cet Eurogroupe dont nous souhaitons qu’il soit renforcé. Car la grande question qui se pose, chers collègues, c’est de savoir si le siècle qui s’est ouvert sera dominé par la Chine, par l’Amérique, par les deux, ou si l’Europe, comme nous le souhaitons, aura sa place, défendant à la fois ses valeurs et les pays qui la composent, au premier rang desquels, la France.

Monsieur le Président,

Je conclus par deux observations simples. J’ai dit, en commençant ce propos, que les Français, dans leur majorité, soutiennent le principe de cette motion de censure. Pourquoi ? Tout simplement parce que nos compatriotes voient avec beaucoup d’inquiétude, et nous la partageons, les inégalités croître, la jeunesse sans perspectives, les difficultés de l’emploi, les difficultés de pouvoir d’achat. Et ils n’ont pas le sentiment que les décisions que vous prenez permettront de lever ces difficultés. D’où une défiance, qui s’adresse sans doute à l’ensemble des formations politiques, mais en particulier à votre Gouvernement.

Deuxième observation : on attend d’un Gouvernement qu’il sache faire face au présent et prépare l’avenir. Or la raison pour laquelle les Français ne vous font pas confiance est qu’ils ont le sentiment que vous ne tirez pas vraiment les leçons de la crise, que les choses n’ont pas changé dans le bon sens. Les banquiers continuent de ne pas prêter assez aux PME. Les financiers continuent de s’octroyer des rémunérations inacceptables. Les jeunes, les chercheurs, les créateurs, continuent à ne pas se voir proposer de perspectives. Les agriculteurs continuent d’être pénalisés, en particulier dans le domaine du lait. Les commerçants continuent à se faire pénaliser par les grandes surfaces. Les serviteurs des collectivités publiques et les élus continuent d’être stigmatisés.

D’une façon générale, on n’a pas le sentiment que les problèmes de la France pour aujourd’hui et pour demain soient pris à bras le corps comme ils devraient l’être.

Nous savons que gouverner c’est difficile. Mais nous savons aussi que la France a besoin de changement. C’est dans cet esprit de changement et de rassemblement que nous travaillons. Voila pourquoi Monsieur le Premier Ministre, mes chers collègues, au nom du groupe SRC et en application de l’article 49 alinéa 2 de la Constitution, j’ai l’honneur de vous demander de censurer la politique économique et sociale du Président et du Gouvernement. »

 

Voilà. Alors vous comprenez bien dans ces conditions que j’en ai rien à foutre de la candidature de VALLS. Quant à Martine, qu’elle prenne des vacances et qu’elle s’en prenne, comme les Député(e)s socialistes, au Gouvernement.

 

D’ici là, bonnes vacances à toutes et tous, pour celles et ceux qui ont la chance de pouvoir s’en payer.

 

 

Par Etienne MERCIER le blog
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Jeudi 18 juin 2009

A quoi se résume ma pensée sur mes camarades socialistes dirigeants et cadres : Individuellement bons, ils sont collectivement cuits : incapables de travailler ensemble, tout message commun délivré – même sincère – est reçu comme une mascarade, une tromperie, une communication médiatique.

 

Quel renouvellement ?

Ceux qui connaissent le PS (je pense en faire partie) savent cela : depuis trente ans, à des postes différents, ce sont absolument les mêmes personnes qui dirigent le PS. Quelques agrégats ou jeunes pousses sont venus s’amalgamer à la centrifugeuse solférinienne, plus normalisatrice et lisseuse que ruche ou fabrique à idée.

J’en parlais à l’un d’eux l’autre jour (pas le moins impliqué dans ce turn-over éternel) en lui disant : Barrez-vous ! Tous ! Ais-je ajouté. Dire que c’est la seule faute de Martine, c’est militer pour y mettre quelqu’un d’autre. C’est ridicule. D’autant qu’elle a du talent et qu’elle est une femme politique dont le PS aurait tort de se passer. Toutes et tous, pris à part, ont des qualités indéniables, sont reconnu(e)s dans leur fief, développent un discours politique intéressant, de Gauche et qui rappelle les valeurs.

Il ne me viendrait pas à l’esprit de leur demander de rendre leur mandat électif. En revanche, l’association à la tête du PS de tous ces talents et toutes ces ambitions ne fonctionne pas. Ne donne plus rien. Et désespère « notre » électorat, (confère la remarquable lettre d’Edwy Plenel) de plus en plus tenté d’aller voir ailleurs, notamment dans les scrutins nationaux et européen.

C’est donc le Parti socialiste tout entier qui doit poser ce – révolutionnaire – préalable : tous les membres du Conseil national et du Bureau national ne pourront l’être à l’issue du prochain congrès. Il en découlerait un PS entièrement renouvelé de fait, avec des personnalités qui – gageons-le – apprendrons à se connaître et à travailler ensemble, développerons de nouvelles méthodes de travail (…), que sais-je ? Et qui, surtout, n’en seront pas au stade actuel de détestation tous azimuts qui tue toute communication du parti dans l’œuf. Notre Manifesto, unique en son genre dans cette campagne « merdique » (je n’ai pas d’autre mot à l’esprit), est une preuve retentissante qu’un très bon programme peut donner un très mauvais résultat.

Bref : reconduire nos élus mais leur soustraire les clefs du parti me semble aujourd’hui la seule solution viable. Qu’ils s’expriment, en tant que personnalité, sur leur mandat d’élu, la façon dont ils voient les choses, les idées qu’ils souhaitent faire avancer, etc. Qu’ils prennent même des positions sur ce que fait le PS, leur parti. Mais qu’ils n’en soient pas les responsables et les commentateurs en même temps.

 

Le rajeunissement ?

Terrain dangereux. Disons simplement cela : nous, les socialistes, avons imposé la retraite à 60 ans. Evidemment, personne n’empêche personne de militer politiquement jusqu’à ses derniers jours. Evidemment, un vieux militant qui a exercé plusieurs mandats est une force pour un parti comme le nôtre pour comprendre et s’appuyer sur des valeurs qui ont une histoire. Mais pourquoi faut-il que l’on s’accroche ainsi aux mandats jusqu’à pas d’âge ? Décourageant, à chaque fois, une voire deux générations intermédiaires ?

L’âge de la retraite est une donnée que nous devons prendre en compte dans nos désignations. C’est une donnée sociétale, un fait social et une respiration naturelle. S’il n’est pas respecté, il y a fatalement essoufflement.

 

Le non-cumul.

Là, franchement, il faut que ça devienne la règle. Les élus injoignables, qui brassent mille sujets, ont trois emplois du temps et agissent d’autant moins sur leurs obligations, ça ne peut pas durer. Les conséquences sont dramatiques et multiples, notamment si à celui des mandats, s’ajoute celui du temps (cf l’âge de la retraite).

Le cumul empêche, sur un territoire donné, l’émergence d’un autre talent. Il est facteur de baronnie.

Le cumul divise le temps, si précieux. Celui consacré aux dossiers que la mission nous confie. Celui consacré à nos concitoyens et, soyons moraliste, celui consacré à nos familles. D’ailleurs, il n’est pas rare de croiser des élus qui n’ont pas d’enfants et dont les seules fréquentations amicales se trouvent dans le seul champ politique (relire Bourdieu et De Singly).

Le cumul, finalement, ne sert qu’une personne : le cumulard. Pour peu qu’il ait décidé de ne faire que ça de sa vie (le pôvre !).

 

Mes observations touchent beaucoup à la forme et moins au fond.

De fait, je pense fondamentalement que le dogme socialiste ne doit pas bouger. Plus que jamais, il s’agit pour nous de changer la vie. Plus que jamais, la justice sociale et la laïcité sont notre guide et notre cadre. Notre République s’efface doucement derrière la future Europe politique, c’est le sens de l’histoire aurait dit MITTERRAND. On proteste, on lutte, on veut une Europe sociale, mais l’abstention nous rappelle que cette force va seule, sans électeurs concernés, tout droit vers sa réalisation. Soyons lucides de ce point de vue. Nous devons donc changer les choses en Europe, pas pour l’Europe forcément, mais en ne perdant pas de vue que c’est notre futur cadre. C’est pourquoi faire campagne sur une opposition stricte au Président de la République a semblé à ce point décalé.

 

Pour résumer, le Parti socialiste doit donc acter cette obligation d’un renouvellement absolu et total de ses Conseillers nationaux ; acter l’âge de la retraite pour les élus ; instaurer le non-cumul comme une règle indépassable et "dépoussiérer" ou réactualiser le message de 1981 qui n’a jamais été aussi pertinent en le hissant au niveau européen (c'est-à-dire, soit dit en passant, en luttant frontalement contre le traité de Lisbonne).

La Primaire là dedans, c’est purement factuel. Ca n’intéresse que les intéressés. Ca ne règle rien. Notez toutefois que je ne suis pas contre.

 

Enfin, mais ce n’est pas le moindre, le Parti socialiste doit travailler à l’unité de la Gauche. Ma stupéfaction de voir des listes composées uniquement de membres de mon parti m’a fait réaliser la régression opérée depuis 1997 et le repliement du parti sur lui-même. Au point qu’aujourd’hui, dans un mouvement « naturel », ce sont les autres partis qui ne souhaitent plus figurer sur nos listes et que nous en sommes à mendier une « maison commune » sous le toit de laquelle notre famille se consanguinise. Pardonnez le néologisme.

 

Pour illustrer le propos général, prenons cette grande victime médiatique, notamment en Ile de France, de ce parti d’élus cumulards et de frères ennemis : Benoît HAMON. Sa jeunesse, l’authenticité de son discours, sa pugnacité et – disons le – sa bonne gueule qui passe bien à la télé (ce qui ne disqualifie pas nos moins belles gueules pour autant !) -  font de lui, à l’évidence, une future (et déjà bien ancrée) grande figure du socialisme en France. Du genre à nous refaire gagner.

Pourtant, je mettrai ma main à couper que plus il montera, plus certains d’entre nous chercheront à le détruire, à lui couper les ailes, à fouiner ça et là de quoi remettre en cause sa crédibilité globale, sa cohérence d’Homme politique. Je le regrette mais je parie sur cette prédiction.

 

Certes, personne n’y gagne. Mais au moins, pas une tête ne dépasse. C’est de l’unité contrainte. Un nouveau concept dont la matrice, bien connue, s’appelle Machine à perdre.

Manuel VALLS veut changer le nom du Parti Socialiste.
Pourquoi pas ? Moi je veux changer VALLS.
Par Etienne MERCIER le blog
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Mardi 9 juin 2009

Je reçois quantité de mails depuis dimanche, me livrant tour à tour des sentiments, des propositions, des désespoirs (…).

Donc cette fois-ci on va la faire à l’envers. Chers amis de gauche, vous allez me dire, s’il vous plait, en quoi consiste, selon vous, la défaite du Parti socialiste, sans lequel nulle alternance n’est possible et ce que vous considérez être en droit d’attendre pour (re) voter socialiste aux prochaines élections (régionales).

Outre que Serge MERY et Jean-Paul HUCHON sont mes employeurs et que je suis donc concerné, la donne semble avoir changée, bien qu’il faille être prudent sur ce sujet car d’une élection à l’autre, ça peut bouger. Si le PS perd la région l’année prochaine, s’en sera finit de l’éco-région et de tous les projets que nous voulons mener à Paris et en Ile de France et qui sont nombreux.

Objectivement, le Conseil national de ce soir au Parti socialiste ne peut pas donner de réponse. Ce serait même curieux d’ailleurs car on serait en droit de demander pourquoi il a fallut une telle déroute, notamment en Ile de France, pour que nos chers leaders proposent quelque chose de viable et de transcendant. Soudainement.

Sans doute aurons-nous une ou deux démissions. Aussi pouvons-nous « espérer » quelque nomination-intégration à la Direction solférinienne ? Qu’est-ce que j’en sais ?

Bref, j’aimerai beaucoup savoir ce que chacun de mes amis, camarades et des éventuels inconnus qui se risquent à me lire parfois, pensent de la situation et ambitionnent comme changement.

Proposez, débattez, disputez-vous comme bon vous semble. Je me ferai un plaisir de faire remonter tout ça le moins synthétiquement possible.

Le seul point commun – ou préalable – que je nous fixe, c’est l’envie commune d’en finir un jour avec le populo-sarkozysme et de remettre les pendules à Gauche.

L’abstention record de dimanche me fait penser que l’UMP et le PPE sont majoritaires en Europe avec un minimum de voix. Qu’Europe Ecologie n’a presque fait que le même nombre d’électeurs que la dernière fois et que le Parti socialiste a vu ses électeurs rester à la maison ou dans tout autre endroit sans urne.

Alors à vos plumes mes amis ! Il me tarde de vous lire ! Je préfère le débat à la déprime et je suis certain que nos échanges – pour peu que les injures et les procès d’intention restent à l’écart – seront instructifs sinon productifs.
Par Etienne MERCIER le blog
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PARTI SOCIALISTE

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