Ce mois de janvier connaît une météo attendue : il pleut des vœux et le climat est délétère, à base de basses pressions polémiques accompagnées d’un vent soutenu venant de la Droite et qui prend sa source dans la mauvaise foi et le populisme. La dernière dépression en date porte le joli nom de « TVA sociale » et le front polémique qui l’accompagne celui de « sale mec ».
Justement, c’est l’histoire d’un (sale) mec, qui, cinq années après s’être rendu dans des usines aujourd’hui délocalisées, veut nous refaire le coup avec – entre autre – ce joli contresens économique alliant une taxe sur les gens au mot « social » censé les concerner dans les difficultés qu’ils rencontrent. Avec cette première découverte à base d’anti-matière : vous avez déjà du mal à consommer mais ce sera plus cher et nous allègerons le coût de votre travail (si vous en avez encore un) pour payer vos prestations sociales. Ce transfert « de compétitivité » de la consommation des ménages vers les entreprises n’est même pas destiné à l’emploi à court et moyen termes mais au seul commerce extérieur. Bref, ceci est un suicide économique, à peine masqué, consécutif – sans doute – aux vœux éditoriaux de Serge Dassault dans le Figaro, notre plus-que-jamais Pravda Sarkozyenne et, bien sûr, à la perte du AAA, relique économique sacré de l’endetté chronique.
Passons. La panique économique et sociale qui s’empare du Gouvernement à l’aube de la présidentielle est somme toute logique : rien de ce qui avait été « calculé » n’a fonctionné. Eh non ! En préservant les plus riches par une fiscalité avantageuse, on ne fait pas revenir leur capitaux et ils n’investissent pas dans les entreprises Françaises (ils n’achètent même pas « nos voitures ») ; Eh non ! En défiscalisant les heures sup, on n’augmente pas le pouvoir d’achat des supposés bénéficiaires. On met juste la pression sur ceux qui refusent (ne peuvent) (de) les faire et on met les autres en esclavage. Eh non ! Les RGGPP ne dégraissent pas le mammouth ! Car elles ont un (fort) coût social induit et présument d’un nombre excessif de fonctionnaires dont la réalité est aujourd’hui démontrée par l’absurde puisqu’il y a aujourd’hui pénurie.
Je reviens sur la dernière proposition. Dans nos écoles : classes surchargées, élèves en difficultés non suivis, niveau qui baisse conséquemment, démoralisation générale du corps enseignant et des parents et démobilisation attenante. J’en passe et des meilleures. Economies ? Presque rien. Même pas un milliard (peanuts à l’échelle d’un budget). Dans nos commissariats et dans nos rues : pas assez et de moins en moins de policiers. Ce qui implique un fonctionnement très ralenti de la justice et une insécurité croissante. Bien réelles celles-ci. Et c’est pareil dans tous les autres services public, notamment celui de la justice où nous avons même eut droit à une grève des Procureurs ! Une première du genre !
Bref, dans cette élection présidentielle se jouera aussi l’état de notre République et l’Etat de Droit. Se joueront pêle-mêle notre santé, nos retraites, la recherche, le logement (…), tous champs fondamentaux de notre Etat-Nation et qui sont lourdement endommagés au moment de ce bilan d’étape de la mandature Sarkozy.
Deux thèmes importants qui touchent respectivement notre affreux présent et notre sombre avenir : la loi Dalo est un échec patent et le grenelle de l’environnement une supercherie.
La crise du logement est passée de préoccupante et difficile à dramatique et presque ingérable (j’y reviendrai pour Paris) et le Grenelle de l’environnement est une farce au sens de la comédie du moyen-âge : un attrape-couillon ; une vitrine de noël pour surendetté.
Je m’explique : le logement est un droit. Affaire entendue pour tous. Par tous ? J’ai moi aussi pensé que c’était le cas avec la loi sur le droit au logement. Difficile en effet de constater autant de gens, de familles dans les rues. Absurde, de payer des hôtels pour loger ces gens en détresse. Sauf que Benoît APPARU a trouvé la solution : on rembourse plus. Que dire encore de ce qui est sous nos yeux tous les jours dans les rues ? Mais voilà : les préfectures rechignent voire refusent d’appliquer le droit quand les marchands de sable prospèrent comme jamais. Et les constructions de logements sont à un niveau historiquement bas. Bref : les annonces de Borloo et les promesses du Président de la République n’ont jamais été suivies d’effets.
Je m’explique encore : Le Grenelle de l’environnement annonçait un tournant dans la gestion de l’Etat Français des questions environnementales, balayant tous les sujets qui avaient un impact sur la production de gaz à effet de serre, l’environnement des cités et la recherche et le développement des nouvelles énergies et d’un nouvel urbanisme, (…). Nous savons aujourd’hui ce qu’il en est avec des centrales « nouvelle génération » hors de prix ; une rénovation des sites nucléaires à très hauts coûts, des financements abandonnés par l’Etat sur les transports et d’une diversification promise vers les énergies renouvelables embryonnaire.
Il résulte de ces deux seuls exemples un constat effrayant : l’économie réelle de demain n’a pas démarrée ; celle d’aujourd’hui maintient les gens dans la précarité et en amène d’autres vers l’oubli.
Je poursuis, s’agissant de notre structure supra-nationale, notre bien aimée Europe, c’est rien moins que notre monnaie qui est menacée par le seul truchement des agences de notations qui avertissent les financiers (on ne peut honnêtement les nommer « investisseurs ») des taux qu’ils sont en droit de nous infliger à nous qui avons sauvé leurs banques de la faillite et qui payons leurs routes, leurs avions, leurs ports, leurs aéroports et même les écoles où nous les avons formés pour leur apprendre à nous ruiner ! A nous, donc, qui allégeons les charges de leurs ouvriers, le temps qu’ils délocalisent, car, dans leur monde de fou, ils n’ont pas calculé l’essentiel : Dans cette folle compétition du moins-disant social, il y a toujours moins cher ailleurs. Même en Chine, certaines usines ferment pour aller produire moins cher ailleurs (et vendre aux chinois par la suite ?).
Notre Europe-Monnaie doit donc changer de cap. Elle doit être politique. Même Juppé semble s’y résoudre. Une monnaie dirigée par des financiers, c’est comme si Monsieur Sofinco-Cétélem était ministre des affaires sociales et de la dette des ménages (un ministère à créer dans le cadre de la mise en place de la « TVA sociale ») ! Pourtant ça fait dix ans que ça dure !
Et notre Europe, dès 2012, doit aussi devenir une diplomatie ! Car ce qui s’est passé dans beaucoup de pays arabes n’a rien d’anodin. C’est même l’avenir de l’Europe qui s’y est joué. On peut toujours commenter telle ou telle difficulté Egyptienne ou Lybienne ou encore une élection Tunisienne pas totalement « satisfaisante » ; il faut surtout se remémorer les plus de 100 ans et les nombreuses guerres qu’il a « fallut » pour instaurer une démocratie stable en France. Démocratie Française dont on sait par ailleurs dans quel état elle se trouve aujourd’hui puisque le pouvoir nomme le chef de France télé et fait écouter les journalistes…
Laisser le temps et surtout AIDER ces pays, cette zone du monde, c’est nous aider nous même. Pour renouveler notre démocratie et inventer une nouvelle zone, non monétaire celle-ci mais avec notre monnaie, la très fameuse union euro- Méditerranée. Une union politique également, car le grand marché qui pourrait s’ouvrir pour les cupides pourrait aussi et surtout concerner les peuples qui ne seraient pas obligés de migrer chez nous, de nous faire concurrence et, loin des affres de la corruption, c'est-à-dire sans nous acheter des armes et nous brader leurs matières premières et leur tourisme, retrouver honneur et richesse pendant que notre développement reprendrait… Rêvons un peu ! Pour 2012…
A Paris où, depuis longtemps (2001), un vrai effort a été entrepris de modernisation de la vie publique, de rationalisation et de moralisation des dépenses et surtout d’un développement solidaire du territoire, nous avons montré que ce développement était viable et durable. Et souhaitable finalement. Nous achetons du terrain, construisons et rachetons des logements, développons l’aide sociale et l’innovation et mettons en place des transports digne de ce nom. Malgré le manquement des financements de l’Etat qui renie sa parole et ses engagements.
Pour 2012, je me souhaite finalement cela : rester aux côtés de tous ces gens que je croise tous les jours, qui sont pour certains devenus mes amis. Rester lucide sur ce que je fais de bien et de pas très bien. De corriger les mauvaises trajectoires que j’ai provoquées et de conforter les bonnes. D’aider, quoi qu’il arrive, celles et ceux qui n’en peuvent plus comme celles et ceux qui ont un projet et qui n’ont pas de carnet d’adresses pour le lancer.
Si chacun pouvait commencer, dans ses vœux, par décider d’être meilleur, notamment au sommet de l’Etat, cela constituerait peut-être une avancée historique.
Cette année, je quitte ma peau de sale mec ! Chiche ?
Allez, bonne année Nicolas S., François Fi. Nadine M. et les autres… et sans rancune surtout ! Pas envie de voir Marine à la barre. On va sans doute en baver mais on va commencer par prendre un bon capitaine. La tempête de 2012 sera ce qu’elle sera. Il arrive que l'embarcation ait des airs de pédalo. Mais au moins le bateau ne sera plus ivre.

