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Jeudi 16 juillet 2009

Le pitoyable échange entre une AUBRY exaspérée par les gesticulations d’un VALLS égal à lui-même me fait penser que le doigt est effectivement mis et maintenu enfoncé sur le bouton de la machine à perdre.

VALLS a des états d’âmes. AUBRY ne veut voir qu’une tête. Et nous, pauvres socialistes, on assiste à cette passe d’armes qui n’a aucune espèce d’intérêt. Ni sur le fond, ni sur la forme.

La motion de censure présentée la semaine dernière par Laurent FABIUS au nom du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, ça c’est intéressant ! Ca c’est politique ! Elle fait pourtant moins de bruits que notre théâtre des guignols alors même que nous avons vécu un grand moment d’opposition – et de propositions. Mais rien. Pschiiiit aurait dit le Président Chirac.

Mais moi je suis têtu. Alors je vous la ressers. Car d’ici la rentrée, les choses seront d’autant aggravées, qu’il s’agisse du travail le dimanche, d’Hadopi 2 ou encore de la farouche obstination du Gouvernement de maintenir paquet et bouclier fiscal dans la prochaine loi de finance, pendant que le chômage bat des records et que le sinistre Lefevre cherche par tout moyen à incruster dans le calendrier législatif la « possibilité » de travailler de chez soi pendant les arrêts maladie (…).

 

« Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Mes chers collègues,

La motion de censure que je défends au nom du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC) n’a pas pour objectif, je lève ce suspense, de renverser le Gouvernement - vous êtes rassurés - mais d’aborder les sujets de fond que vous ne nous avez pas permis d’aborder, en présence du président de la République, à Versailles.

Sachant, ce qui devrait faire réfléchir, qu’un grand quotidien économique, interrogeant ce matin les français pour savoir s’ils étaient oui ou non favorables à cette motion de censure, répondait : une majorité est favorable à la motion de censure des socialistes.

Monsieur le Premier Ministre, Vous monterez à la tribune au moment où vous le souhaiterez, vous nous expliquerez toute une série de choses. Mais, suivant avec attention vos propos, je sais déjà que vous aurez probablement recours à un argument : celui de dire « C’est difficile, mais le coupable c’est la crise internationale ». C’est vrai que la crise internationale a une responsabilité fort importante. Mais je voudrais tout de suite, pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité entre nous, vous renvoyer à vous-même. Au mois de septembre 2007, alors qu’il n’y avait aucune crise à l’horizon, vous exprimant à Calvi, vous disiez : « La France est en faillite ». Si ce n’était pas la crise, il faut bien qu’il y ait des responsables : vous étiez déjà au Gouvernement, et la droite avec vous depuis plus de 5 ans.

Je veux me situer sur le fond et partir évidemment de ce qui se produit en ce moment, c’est-à-dire à la fois une révolution dans le monde, et une crise. La révolution dans le monde, pas besoin d’être long, tout le monde l’a à l’esprit : c’est la mondialisation, la révolution écologique, la révolution démocratique, le vieillissement. Tout cela, c’est vrai, modifie l’ordre des facteurs. A quoi s’ajoute la crise internationale, qui n’est pas un accident comme le disent certains, mais un enchaînement précis. Des exigences financières de rentabilité du capitalisme, sans commune mesure avec les possibilités de croissance de l’économie, conduisent à une baisse de la rémunération du travail par rapport au capital et à une augmentation des emprunts et de l’endettement. Un jour le château de cartes s’effondre, c’est ce qui s’est passé en 2008 et en 2009.

Par rapport à cela, permettez moi de vous le dire, beaucoup d’entre nous -et c’était aussi un commentaire de la presse- ont trouvé les propositions de Monsieur le Président de la République un peu courtes. A vrai dire, il y en a eu trois qui ont été retenues par les observateurs.

Première proposition : le grand emprunt. Il faut avoir les idées claires.

Ou bien ce grand emprunt a une finalité économique, et dans ce cas Monsieur le Premier Ministre, il faut que cet emprunt soit banalisé. Car aujourd’hui, malgré son endettement massif, la France emprunte à un taux qui n’est pas excessif. Vous confirmerez-nous que c’est bien un emprunt banal ? Mais s’il est banal, pourquoi une telle communication autour ? Et si cet emprunt est banal, et vise à couvrir des dépenses supplémentaires, alors est-ce que cela veut dire que vous admettez que votre plan de relance était insuffisant ? Mais alors aussi, n’amputez pas les ressources des collectivités locales, responsables de 75 % des investissements civils ! Et dites comment vous financerez.

Ou bien ce grand emprunt est essentiellement à vocation publicitaire. Alors cela coûtera beaucoup plus cher. Cela portera le nom du Président de la République. Et ce sera proposé quelques jours avant les élections régionales.

Je crains fort que dans le choix qui s’opère, ce soit vers le deuxième terme que votre inclination vous porte. Nous vous entendrons avec intérêt sur ce point. Cette première piste, en tout cas, n’est pas à la hauteur du défi.

La deuxième mesure, c’est l’annonce que l’âge de la retraite va être reculé. M. Hortefeux a même envisagé : « La retraite à 67 ans ». Si c’est cela votre réponse à la crise, vous passez complètement à coté de la question. Porter l’âge de la retraite à 67 ans alors même qu’en France, la plupart des salariés sortent de l’entreprise à 52, 54, 58 ans, cela veut dire diminuer les retraites. Cela, nous ne l’accepterons pas. Il y a d’autres paramètres sur lesquels il faut jouer - pénibilité, espérance de vie, etc.

L’annonce de la généralisation du travail le dimanche. Là non plus, ce n’est pas une solution. Puis il y a eu tous ces discours généreux, l’un d’entre eux tenu devant l’organisation internationale du travail (OIT). Lorsque le Président s’exprime à l’étranger sur les questions sociales, il parle impeccablement à gauche. Mais lorsqu’il agit sur le sol national, il agit toujours à droite. Cela, nous ne l’acceptons pas non plus.

Il y eut enfin une troisième proposition dans la déclaration de Monsieur le Président de la République, qui est passée inaperçue mais qui est très importante. Elle concerne le scrutin territorial. On nous a dit : il va y a voir une réforme territoriale -vous allez peut-être la préciser. Nous ne sommes pas ennemis d’une réforme. Mais il s’agit de manipuler le scrutin territorial pour faire en sorte que des Départements et des Régions de gauche soient gérés par la droite, alors cela non plus, nous ne l’accepterons pas.

Il ne s’agit pas d’un procès d’intention. Lorsque j’examine le découpage électoral législatif que vous proposez, et j’aimerais vous entendre sur ce point, les spécialistes nous indiquent qu’il y a un véritable déni de démocratie. Dans ce découpage, il suffirait à ce coté de l’hémicycle (la droite) d’obtenir 49% des voix pour avoir pour 51% des sièges !

La réalité qui accompagne votre gouvernement est simple : le chômage : 2000 chômeurs de plus par jour. 700 000 à 800 000 de plus à la fin de l’année. Le commerce extérieur, clé de la compétitivité : en 2006 -pas question de crise- 20 milliards de déficit. 2007, pas question de crise : 40 milliards de déficit. 2008, pas question de crise : 55 milliards de déficit. Voilà la réalité de votre politique.

A quoi j’ajoute l’endettement. Monsieur Séguin, qui n’est pas suspect de partialité, disait qu’avec tout l’endettement que vous avez accumulé, la France devra rembourser cette année plus que le produit de l’impôt sur le revenu. Monsieur Sarkozy s’est fait élire comme le Président du pouvoir d’achat ; aux yeux des Français, c’est aujourd’hui Monsieur chômage et Monsieur déficits.

Monsieur le Premier Ministre, mes chers collègues, on nous demande des propositions, en voilà quelques-unes.

A court terme, nous vous demandons de suspendre le bouclier fiscal dont Monsieur Goulard, avec honnêteté, a précisé hier que pour les 100 premiers bénéficiaires, à la tête d’un patrimoine de plus de 15 millions d’Euros, cela représente un chèque annuel du Trésor Public à leur égard de plus d’un million d’Euros. C’était inacceptable en période habituelle, cela devient scandaleux en période de crise

Deuxième mesure : nous vous proposons de suspendre les dizaines de milliers de suppressions d’emploi public auxquelles vous vous apprêtez à procéder. Vous dites : « Mon idéal, le cœur de mon action, c’est l’emploi, c’est l’avenir », alors que dans l’Education Nationale, clé de l’avenir, vous allez supprimer plus de plus de 10 000 postes à nouveau.

Enfin nous vous demandons en urgence d’allonger l’indemnisation, pas seulement pour les CDI qui ont fait l’objet d’une mesure bienvenue, mais aussi pour les travailleurs précaires, pour les CDD. Il y a là des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui n’auront rien si l’on ne change pas la donne.

Bien sûr il faut une vision plus générale. Qui passe d’abord, Monsieur le Premier Ministre, par une croissance solidaire. Qu’entends-je par là ? Nous avons voté avec vous le Grenelle de l’Environnement. Nous attendons son application.

Nous savons tous, dans nos circonscriptions, qu’il y a besoin de transports publics, nous les proposons. Mais les crédits n’arrivent pas. Nous proposons d’améliorer le logement, y compris les logements existants. Mais les crédits n’arrivent pas. Nous proposons d’encourager l’innovation et la recherche. Mais les crédits sont insuffisants.

Nous proposons que les recettes soient au rendez-vous. C’est pourquoi nous vous demandons de revenir sur un certain nombre de mesures iniques que vous avez prises : par exemple, toute une série de niches fiscales et sociales qui ne se justifient pas. Les stock-options : aujourd’hui, il faut les réserver aux entreprises nouvelles. Nous proposons, comme le demande l’ensemble des organisations syndicales, que les exonérations de cotisations sociales pour les entreprises, en particulier les PME, soient subordonnées à la conclusion d’accords salariaux. Enfin, d’une façon plus générale, nous proposons de rerevenir sur l’injustice fiscale.

Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons aussi de respecter pleinement la démocratie. Car il y a un lien entre tout cela : l’égoprésidence. Respecter la démocratie, cela veut dire respecter la démocratie parlementaire. Nous proposons de respecter la démocratie référendaire : Monsieur le Premier Ministre, nous voudrions savoir quand va sortir le texte qui permettra à la population, appuyée par les députés, d’initier un référendum d’initiative populaire ? Nous vous prévenons d’ores et déjà, le premier référendum, si vous rendez cette initiative possible, aura pour objet de contrer la privatisation de La Poste qui est une iniquité et un danger. Respect de la démocratie en ce qui concerne les medias. Nous proposons l’égalité médiatique entre la majorité et l’opposition. Respect de la démocratie en matière judiciaire : nous proposons que le Président de la République se mette enfin à suivre les avis du Conseil Supérieur de la Magistrature. Respect de la démocratie sociale, en consultant, alors que vous ne l’avez pas fait concernant le travail le dimanche, les organisations syndicales. En faisant en sorte, par exemple, comme nous le proposons, que dans les comités de rémunération figurent désormais des représentants des salariés.

Nous proposons en même temps une vision nouvelle de l’Europe. Les élections européennes ont été favorables pour vous et pour les écologistes. Elles ont été défavorables pour le Parti socialiste. Elles ont surtout été favorables à l’abstention. Cela veut dire que nos concitoyens souhaitent une Europe différente, une Europe plus démocratique, plus écologique, plus sociale. Nous vous proposons d’agir pour qu’une Directive européenne empêche qu’on privatise le service public, pour qu’il y ait davantage de coopérations renforcées en matière de recherche ou encore d’énergie. En matière de défense, j’ai encore le souvenir, m’exprimant à cette tribune à propos de la réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN, qu’on nous avait dit : « Il va y avoir plus de défense européenne ». Nous n’en voyons pas le début du début.

Nous proposons aussi un véritable « Europlan » de cet Eurogroupe dont nous souhaitons qu’il soit renforcé. Car la grande question qui se pose, chers collègues, c’est de savoir si le siècle qui s’est ouvert sera dominé par la Chine, par l’Amérique, par les deux, ou si l’Europe, comme nous le souhaitons, aura sa place, défendant à la fois ses valeurs et les pays qui la composent, au premier rang desquels, la France.

Monsieur le Président,

Je conclus par deux observations simples. J’ai dit, en commençant ce propos, que les Français, dans leur majorité, soutiennent le principe de cette motion de censure. Pourquoi ? Tout simplement parce que nos compatriotes voient avec beaucoup d’inquiétude, et nous la partageons, les inégalités croître, la jeunesse sans perspectives, les difficultés de l’emploi, les difficultés de pouvoir d’achat. Et ils n’ont pas le sentiment que les décisions que vous prenez permettront de lever ces difficultés. D’où une défiance, qui s’adresse sans doute à l’ensemble des formations politiques, mais en particulier à votre Gouvernement.

Deuxième observation : on attend d’un Gouvernement qu’il sache faire face au présent et prépare l’avenir. Or la raison pour laquelle les Français ne vous font pas confiance est qu’ils ont le sentiment que vous ne tirez pas vraiment les leçons de la crise, que les choses n’ont pas changé dans le bon sens. Les banquiers continuent de ne pas prêter assez aux PME. Les financiers continuent de s’octroyer des rémunérations inacceptables. Les jeunes, les chercheurs, les créateurs, continuent à ne pas se voir proposer de perspectives. Les agriculteurs continuent d’être pénalisés, en particulier dans le domaine du lait. Les commerçants continuent à se faire pénaliser par les grandes surfaces. Les serviteurs des collectivités publiques et les élus continuent d’être stigmatisés.

D’une façon générale, on n’a pas le sentiment que les problèmes de la France pour aujourd’hui et pour demain soient pris à bras le corps comme ils devraient l’être.

Nous savons que gouverner c’est difficile. Mais nous savons aussi que la France a besoin de changement. C’est dans cet esprit de changement et de rassemblement que nous travaillons. Voila pourquoi Monsieur le Premier Ministre, mes chers collègues, au nom du groupe SRC et en application de l’article 49 alinéa 2 de la Constitution, j’ai l’honneur de vous demander de censurer la politique économique et sociale du Président et du Gouvernement. »

 

Voilà. Alors vous comprenez bien dans ces conditions que j’en ai rien à foutre de la candidature de VALLS. Quant à Martine, qu’elle prenne des vacances et qu’elle s’en prenne, comme les Député(e)s socialistes, au Gouvernement.

 

D’ici là, bonnes vacances à toutes et tous, pour celles et ceux qui ont la chance de pouvoir s’en payer.

 

 

Par Etienne MERCIER le blog
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Jeudi 18 juin 2009

A quoi se résume ma pensée sur mes camarades socialistes dirigeants et cadres : Individuellement bons, ils sont collectivement cuits : incapables de travailler ensemble, tout message commun délivré – même sincère – est reçu comme une mascarade, une tromperie, une communication médiatique.

 

Quel renouvellement ?

Ceux qui connaissent le PS (je pense en faire partie) savent cela : depuis trente ans, à des postes différents, ce sont absolument les mêmes personnes qui dirigent le PS. Quelques agrégats ou jeunes pousses sont venus s’amalgamer à la centrifugeuse solférinienne, plus normalisatrice et lisseuse que ruche ou fabrique à idée.

J’en parlais à l’un d’eux l’autre jour (pas le moins impliqué dans ce turn-over éternel) en lui disant : Barrez-vous ! Tous ! Ais-je ajouté. Dire que c’est la seule faute de Martine, c’est militer pour y mettre quelqu’un d’autre. C’est ridicule. D’autant qu’elle a du talent et qu’elle est une femme politique dont le PS aurait tort de se passer. Toutes et tous, pris à part, ont des qualités indéniables, sont reconnu(e)s dans leur fief, développent un discours politique intéressant, de Gauche et qui rappelle les valeurs.

Il ne me viendrait pas à l’esprit de leur demander de rendre leur mandat électif. En revanche, l’association à la tête du PS de tous ces talents et toutes ces ambitions ne fonctionne pas. Ne donne plus rien. Et désespère « notre » électorat, (confère la remarquable lettre d’Edwy Plenel) de plus en plus tenté d’aller voir ailleurs, notamment dans les scrutins nationaux et européen.

C’est donc le Parti socialiste tout entier qui doit poser ce – révolutionnaire – préalable : tous les membres du Conseil national et du Bureau national ne pourront l’être à l’issue du prochain congrès. Il en découlerait un PS entièrement renouvelé de fait, avec des personnalités qui – gageons-le – apprendrons à se connaître et à travailler ensemble, développerons de nouvelles méthodes de travail (…), que sais-je ? Et qui, surtout, n’en seront pas au stade actuel de détestation tous azimuts qui tue toute communication du parti dans l’œuf. Notre Manifesto, unique en son genre dans cette campagne « merdique » (je n’ai pas d’autre mot à l’esprit), est une preuve retentissante qu’un très bon programme peut donner un très mauvais résultat.

Bref : reconduire nos élus mais leur soustraire les clefs du parti me semble aujourd’hui la seule solution viable. Qu’ils s’expriment, en tant que personnalité, sur leur mandat d’élu, la façon dont ils voient les choses, les idées qu’ils souhaitent faire avancer, etc. Qu’ils prennent même des positions sur ce que fait le PS, leur parti. Mais qu’ils n’en soient pas les responsables et les commentateurs en même temps.

 

Le rajeunissement ?

Terrain dangereux. Disons simplement cela : nous, les socialistes, avons imposé la retraite à 60 ans. Evidemment, personne n’empêche personne de militer politiquement jusqu’à ses derniers jours. Evidemment, un vieux militant qui a exercé plusieurs mandats est une force pour un parti comme le nôtre pour comprendre et s’appuyer sur des valeurs qui ont une histoire. Mais pourquoi faut-il que l’on s’accroche ainsi aux mandats jusqu’à pas d’âge ? Décourageant, à chaque fois, une voire deux générations intermédiaires ?

L’âge de la retraite est une donnée que nous devons prendre en compte dans nos désignations. C’est une donnée sociétale, un fait social et une respiration naturelle. S’il n’est pas respecté, il y a fatalement essoufflement.

 

Le non-cumul.

Là, franchement, il faut que ça devienne la règle. Les élus injoignables, qui brassent mille sujets, ont trois emplois du temps et agissent d’autant moins sur leurs obligations, ça ne peut pas durer. Les conséquences sont dramatiques et multiples, notamment si à celui des mandats, s’ajoute celui du temps (cf l’âge de la retraite).

Le cumul empêche, sur un territoire donné, l’émergence d’un autre talent. Il est facteur de baronnie.

Le cumul divise le temps, si précieux. Celui consacré aux dossiers que la mission nous confie. Celui consacré à nos concitoyens et, soyons moraliste, celui consacré à nos familles. D’ailleurs, il n’est pas rare de croiser des élus qui n’ont pas d’enfants et dont les seules fréquentations amicales se trouvent dans le seul champ politique (relire Bourdieu et De Singly).

Le cumul, finalement, ne sert qu’une personne : le cumulard. Pour peu qu’il ait décidé de ne faire que ça de sa vie (le pôvre !).

 

Mes observations touchent beaucoup à la forme et moins au fond.

De fait, je pense fondamentalement que le dogme socialiste ne doit pas bouger. Plus que jamais, il s’agit pour nous de changer la vie. Plus que jamais, la justice sociale et la laïcité sont notre guide et notre cadre. Notre République s’efface doucement derrière la future Europe politique, c’est le sens de l’histoire aurait dit MITTERRAND. On proteste, on lutte, on veut une Europe sociale, mais l’abstention nous rappelle que cette force va seule, sans électeurs concernés, tout droit vers sa réalisation. Soyons lucides de ce point de vue. Nous devons donc changer les choses en Europe, pas pour l’Europe forcément, mais en ne perdant pas de vue que c’est notre futur cadre. C’est pourquoi faire campagne sur une opposition stricte au Président de la République a semblé à ce point décalé.

 

Pour résumer, le Parti socialiste doit donc acter cette obligation d’un renouvellement absolu et total de ses Conseillers nationaux ; acter l’âge de la retraite pour les élus ; instaurer le non-cumul comme une règle indépassable et "dépoussiérer" ou réactualiser le message de 1981 qui n’a jamais été aussi pertinent en le hissant au niveau européen (c'est-à-dire, soit dit en passant, en luttant frontalement contre le traité de Lisbonne).

La Primaire là dedans, c’est purement factuel. Ca n’intéresse que les intéressés. Ca ne règle rien. Notez toutefois que je ne suis pas contre.

 

Enfin, mais ce n’est pas le moindre, le Parti socialiste doit travailler à l’unité de la Gauche. Ma stupéfaction de voir des listes composées uniquement de membres de mon parti m’a fait réaliser la régression opérée depuis 1997 et le repliement du parti sur lui-même. Au point qu’aujourd’hui, dans un mouvement « naturel », ce sont les autres partis qui ne souhaitent plus figurer sur nos listes et que nous en sommes à mendier une « maison commune » sous le toit de laquelle notre famille se consanguinise. Pardonnez le néologisme.

 

Pour illustrer le propos général, prenons cette grande victime médiatique, notamment en Ile de France, de ce parti d’élus cumulards et de frères ennemis : Benoît HAMON. Sa jeunesse, l’authenticité de son discours, sa pugnacité et – disons le – sa bonne gueule qui passe bien à la télé (ce qui ne disqualifie pas nos moins belles gueules pour autant !) -  font de lui, à l’évidence, une future (et déjà bien ancrée) grande figure du socialisme en France. Du genre à nous refaire gagner.

Pourtant, je mettrai ma main à couper que plus il montera, plus certains d’entre nous chercheront à le détruire, à lui couper les ailes, à fouiner ça et là de quoi remettre en cause sa crédibilité globale, sa cohérence d’Homme politique. Je le regrette mais je parie sur cette prédiction.

 

Certes, personne n’y gagne. Mais au moins, pas une tête ne dépasse. C’est de l’unité contrainte. Un nouveau concept dont la matrice, bien connue, s’appelle Machine à perdre.

Manuel VALLS veut changer le nom du Parti Socialiste.
Pourquoi pas ? Moi je veux changer VALLS.
Par Etienne MERCIER le blog
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Mardi 9 juin 2009

Je reçois quantité de mails depuis dimanche, me livrant tour à tour des sentiments, des propositions, des désespoirs (…).

Donc cette fois-ci on va la faire à l’envers. Chers amis de gauche, vous allez me dire, s’il vous plait, en quoi consiste, selon vous, la défaite du Parti socialiste, sans lequel nulle alternance n’est possible et ce que vous considérez être en droit d’attendre pour (re) voter socialiste aux prochaines élections (régionales).

Outre que Serge MERY et Jean-Paul HUCHON sont mes employeurs et que je suis donc concerné, la donne semble avoir changée, bien qu’il faille être prudent sur ce sujet car d’une élection à l’autre, ça peut bouger. Si le PS perd la région l’année prochaine, s’en sera finit de l’éco-région et de tous les projets que nous voulons mener à Paris et en Ile de France et qui sont nombreux.

Objectivement, le Conseil national de ce soir au Parti socialiste ne peut pas donner de réponse. Ce serait même curieux d’ailleurs car on serait en droit de demander pourquoi il a fallut une telle déroute, notamment en Ile de France, pour que nos chers leaders proposent quelque chose de viable et de transcendant. Soudainement.

Sans doute aurons-nous une ou deux démissions. Aussi pouvons-nous « espérer » quelque nomination-intégration à la Direction solférinienne ? Qu’est-ce que j’en sais ?

Bref, j’aimerai beaucoup savoir ce que chacun de mes amis, camarades et des éventuels inconnus qui se risquent à me lire parfois, pensent de la situation et ambitionnent comme changement.

Proposez, débattez, disputez-vous comme bon vous semble. Je me ferai un plaisir de faire remonter tout ça le moins synthétiquement possible.

Le seul point commun – ou préalable – que je nous fixe, c’est l’envie commune d’en finir un jour avec le populo-sarkozysme et de remettre les pendules à Gauche.

L’abstention record de dimanche me fait penser que l’UMP et le PPE sont majoritaires en Europe avec un minimum de voix. Qu’Europe Ecologie n’a presque fait que le même nombre d’électeurs que la dernière fois et que le Parti socialiste a vu ses électeurs rester à la maison ou dans tout autre endroit sans urne.

Alors à vos plumes mes amis ! Il me tarde de vous lire ! Je préfère le débat à la déprime et je suis certain que nos échanges – pour peu que les injures et les procès d’intention restent à l’écart – seront instructifs sinon productifs.
Par Etienne MERCIER le blog
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Mardi 19 mai 2009

Je mets un peu de temps à réagir car je suis sonné ! Comment ? « Nos Artistes », « de gauche », viennent au secours d’une Droite qui n’en demandait pas tant et nous administrent une leçon de gauche ?

Le coup est rude !

Décortiquons en toute simplicité :

En dehors même du caractère totalement liberticide de cette loi HADOPI, nos chers artistes de gauche se sont rangés derrière la bannière de la répression. C’est le constat.

Il y a d’abord un aspect loi du Tallion, primitif, dans cette affaire : tu télécharges gratuitement : je te coupe l’internet !

C’est ça la Droite !

Des problématiques complexes ; des réponses simplistes.

Violer un enfant ? C’est dans les gènes ;

Etre un jeune de banlieue « agité » et sans perspective : la racaille ;

Tu refuses de serrer la main du Président ? casse toi pov’con ;

Tu fais grève ? C’est une prise d’otage des usagers !

(…) Et tout à l’avenant…

Des réponses simplistes qui alimentent un paradigme populiste.

Dans les faits, il faut dire qu’au mieux la naïveté et au pire la cupidité s’est emparée de ces figures du spectacle, intoxiquées par leur ignorance du Net et qui n’ont mené aucune réflexion sur la réalité du phénomène, de la mutation, et la possibilité d’une solution durable.

Il n’y a pas si longtemps, pris dans la sensation d’urgence alimentée par l’alarmisme des maisons de disques, nous n’étions pas très nombreux au Parti socialiste à militer pour la licence globale.

Et pour cause ! La course à l’échalote qui a consisté à empêcher techniquement et légalement la copie et le téléchargement s’est soldée par un échec lamentable et honteux. C’est d’ailleurs logique. Puisqu’on cherche à punir des individus qui ne sont pas des criminels et dont il est démontré qu’ils achètent des disques et « consomment de la culture » plus que les autres. Ils s’échangent des œuvres, font la connaissance de nouveaux artistes, de nouvelles œuvres, (…), bref, ils s’épanouissent en se cultivant.

Le vrai défi consiste donc dans la rémunération des artistes et le financement de la production de leurs œuvres. Pour ne pas en écrire des kilomètres, disons qu’une vraie solution, de Gauche celle-ci, consisterait à ce que la culture élargisse toujours plus son audience concomitamment à la pérennisation de son financement. Ce que propose la licence globale, qui pose que pour quelques Euros de plus sur l’abonnement internet, la manne financière serait conséquente qui abonderait largement un fond chargé de rémunérer tous les artistes téléchargés à due proportion de leur succès et de favoriser en même temps les artistes émergeants en les faisant connaître,  en permettant à chacune et chacun de télécharger et copier leurs créations pour, selon, s’en faire une idée, aimer, rêver, faire aimer, (…), se cultiver et partager, donc.

Qui y perd ? Les maisons de disques sans doute. Est-ce grave ? Bien sûr que non ! Cela fait longtemps qu’elles n’aident plus les jeunes talents, qu’elles congédient les plus anciens « qui ne vendent pas » et qu’elles ne font plus rien pour la diversité en ne produisant que des formats « médias » ! Universal en tête.

Que la Star’Ac ait son « public majoritaire » est une chose. Je ne regarde pas mais je n’ai rien contre. Mais que ses promoteurs, après avoir, lors d’une première tentative, cherché à jeter les internautes en prison, veuillent désormais les déconnecter, c’est du népotisme et c’est mortifère pour la création et l’exception culturelle chère aux socialistes et à Jack Lang il n’y a pas si longtemps.

Qu’on soit devenu de Droite avec l’âge, c’est parfois le drame de la vieillesse.  Mais qui a perdu son âme dans cette histoire ? Pas les socialistes ! Qui mènent là un combat courageux pour la liberté, la diversité et la création, en tenant compte des réalités de notre époque.

Accuser les socialistes d’être fidèles à leur idéal et d’être du côté du progrès – le vrai – en militant pour la licence globale, c’est ubuesque !

En pleine campagne européenne qui plus est !  Adopter un texte illégal pour l’UE, liberticide et exclusivement répressif, il faut avoir beaucoup de culot et des carences intellectuelles à nulle pareille !

Et, soit dit en passant, ce qui arrive à ce personnel licencié de TF1 qui a souhaité, via sa Députée de circonscription Françoise de Panafieu, démontrer le mal fondé de cette loi, est lourd de sens sur la chape de plomb médiatique qui s’est abattue sur le pays.

C’est compréhensible de réagir à la peur. En Iran, ça marche comme ça aussi : tu voles un pain, je te coupe la main. Ca dissuade c’est sûr !

Alors ARDITI ? Comme d’autres, Kouchner en tête, passé du côté du manche. Sans réfléchir et en nous administrant une leçon ridicule et dépourvue de tout fondement. ARDITI n’a joué dans aucun chef d’œuvre. Il ne me viendrait pas à l’esprit d’aller risquer ma connexion internet pour « Vanille-Fraise » ou « Au théâtre ce soir », que je trouverai de toute façon à 20 centimes d’€ dans n’importe quel vide-grenier.

PICCOLI ? Je l’ai revu l’autre jour sur France 2 dans la Grande Bouffe, allant mourir sur le balcon en se chiant dessus. Disons qu’il nous refait le coup. En vrai cette fois.

GRECO, elle, n’écrit pas ses textes, elle ne perd pas grand-chose… Même pas la voix, qu’elle n’avait déjà plus bien avant l’avènement du premier PC…

Bernard MURAT ? Je confesse n’en rien connaître. Ais-je téléchargé une de ses œuvres ? Peu probable.  Pour les leçons de trotskisme, de toute façon, même punition que pour ARDITTI : vide-grenier à 20 cents !

LE FORESTIER ? Comment dire ? Ambalaba ! Est-ce que les gens naissent égaux en droits ? Ben non la preuve ! Et la maison bleue accrochée à la colline dont on a jeté la clef ? C’est fini tout ça ? On rentre chez soi et on la boucle ?

« Quand les socialistes redeviendrons de Gauche » dit l’harangue de notre quintet vertueux ! Euh… comment dire ? Sarkozy, Albanel, c’est de gauche ça ?

Alors, ça fait sans doute lèche-bottes, mais bravo à Patrick BLOCHE pour avoir, avec d’autres socialistes, compris l’enjeu dès le début et agit en politiques et pas en marchands de tapis ni en charlatans ! Il y a du courage (au sens Jauressien du terme) dans ce combat pour la liberté et la justice sociale en matière de culture.

Mais aujourd’hui, Julien COUPAT est toujours en prison pour délit d’opinion tandis que Pierre ARDITI brandit son « J’accuse le PS » du haut de sa suffisance drolatique.

On purge bébé ! Mais c’est du mauvais Feydau.

Par Etienne MERCIER le blog
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Jeudi 30 avril 2009

Ce qui est « formidable » avec le Président de la République, c’est qu’il ose tout (cf Audiard) ! Et hier, il a fait très fort ! Outre le fait qu’il ait validé en tout point ce que la région Ile de France et la Ville de Paris proposent sur les transports, il s’engage désormais à leurs côtés pour financer l’ensemble des projets structurants pour le territoire Francilien.

 

Mais qui peut le croire ? Car la réalité risque de rattraper les prédications de ce cheval fou !

 

Je m’explique : avant la crise, l’Etat n’avait déjà plus de quoi verser aux départements ce qu’il doit au titre du RMI (soit quelques centaines de millions d’Euros). Egalement, les projets contractualisés avec les régions accusaient déjà un retard considérable.

Enfin, pour faire court, il faut rappeler qu’il est prévu que soit supprimée la taxe professionnelle, pourtant importante dans le financement des collectivités locales.

 

La réaction de Jean-Paul HUCHON et Bertrand DELANOE est logique et tient dans l’expression « nous jugerons sur pièce ».

 

Mais leur expérience, plus que leur sagesse, leur susurre déjà à l’oreille qu’un sale coup se prépare.

 

Prenons un autre exemple : Sarkozy annonce 70 000 logements par ans sur le territoire Francilien. Pourtant, le Préfet bloque la création de logements à Paris (dont le projet est de… 40 000 logements… sur la mandature !) et les villes de Droite refusent d’appliquer la loi sur le 20% de logements sociaux, ce qui sera pourtant un minimum pour atteindre cet objectif à la fois irréaliste politiquement et délirant financièrement !

 

Avec toujours la même méthode : on agite la magie de PPP (partenariats public / privé) censés tout résoudre.

Disons le nettement à nos concitoyens : on se moque d’eux. Et la démonstration est aisée. Trois « petits exemples » : Ariane, Airbus et les transports terrestres. Tous investissements qui demandent de telles sommes qu’ils ne sont pas rentables, tout simplement. Il en est de même pour le Canal Seine-Nord.

 

L’arnaque consiste, comme d’habitude, à essorer le contribuable pour financer ces projets et équipements nécessaires mais très coûteux. Puis ensuite, on laisserait au privé le privilège de percevoir des bénéfices au titre de l’exploitation des infrastructures. Prenez le fonctionnement des autoroutes pour vous faire une idée précise.

 

Il y a donc là mensonge d’Etat et imposture. Car le prisme du Président de la République n’est pas le même que celui du Maire de Paris et du Président de la région. Le premier cherche à reprendre la main sur un territoire mais ne développe aucune vision de solidarité territoriale. Les seconds s’attachent à développer une vision socio-territoriale en remettant la force publique au cœur de l’action politique et à inscrire leur action dans un cadre durable et soutenable (Région et Paris-Métropole). Et ce ne sont pas que des mots !

Un dernier exemple ? A peine ministre, Fadéla AMARA avait annoncé à grand renfort de trompettes et tambours, 400 millions d’€ pour un tramway (le T4) reliant le territoire de Clichy Montfermeil qui s’était embrasé peu avant et dont l’enclavement figure comme un archétype des erreurs d’aménagement et de la fracture socio-territoriale en Ile de France. Dans les faits, c’est le STIF, c'est-à-dire la région et les départements (avec 30% de financements apportés par la ville de Paris) qui financera cet équipement (comme les autres).

 

Alors s’il fallait dire quelque chose sur les marchés, dans les réunions, dans nos familles, c’est que rien n’a bougé à Droite : pas de logements sociaux à Neuilly ; paquet fiscal maintenu (15 milliards d’€ par an tout de même !!!) ; bouclier fiscal (600 millions par ans) ; grands projets financés (et d’ailleurs conçus) par les collectivités de gauche ; échec absolu en matière de lutte contre l’insécurité ; plan de relance ridicule et sans effet ; projet européen piloté par Baroso et sa clique libérale d’une Europe anti-sociale (contre l’harmonisation sociale et fiscale) qui s’appuie sur les capitaux et non sur les peuples.

 

C’est pas si long que ça à expliquer et ça concerne tout le monde. Car les excès de communication du Président on pour effet de poursuivre la brouille du clivage Gauche-Droite qui ne manque pourtant pas de réalité dans les faits et se révèle, à chaque nouvelle intervention du Président de la République, d’un haut niveau de pertinence.
Par Etienne MERCIER le blog
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